J'ai commencé à écrire Échos et Espoir en novembre 2020. Dans l'avant-propos, je décris ce moment comme une époque où mon propre cœur se sentait déchiré entre deux mondes : deux réalités qui me façonnent, en tant que personne et en tant que penseur.
Deux événements catastrophiques, survenus au même moment, à des continents de distance, m'ont poussé à déverser ces sentiments sur la page.
Octobre 2020 à Lagos
En octobre 2020, la jeunesse nigériane a envahi les rues derrière un seul cri : #EndSARS. Elle protestait contre une unité de police accusée depuis des années d'extorsion, de torture et d'exécutions. Dans la nuit du 20 octobre, des soldats ont ouvert le feu sur les manifestants au péage de Lekki, à Lagos. Une génération qui avait élevé la voix a découvert ce que cette voix pouvait coûter.
Octobre 2020 en France
Au même moment, la France vivait dans la peur. Un professeur, Samuel Paty, a été assassiné le 16 octobre. Le 29 octobre, trois personnes ont été tuées dans une basilique de Nice. Le lendemain, le pays entrait de nouveau en confinement. La liberté d'expression était soudain au centre de toutes les conversations, et la méfiance aussi.
Un homme entre les deux
Habeeb Ajao, le narrateur du roman, porte ces deux réalités. Il sort d'une prison parisienne à l'été 2020, innocenté après quatre ans pour un crime qu'il n'a pas commis, et part pour le Nigeria, la terre natale de son père, en espérant un nouveau départ. Il y trouve une famille qui rejette la Française qu'il aime, une police qui tire d'abord, et une génération qui refuse de se taire.
Les personnages sont imaginaires. Leur combat, lui, ne l'est pas.
Le changement commence au plus près de chez soi. Élever la voix compte, même quand elle semble faible, même quand le silence est plus facile.
C'est ce que j'espérais que les lecteurs retiennent du livre. Si vous l'avez lu, j'aimerais savoir ce qui vous est resté.
